mardi 29 mai 2012

Découverte de l'impro avec les Improspectus


La semaine commence avec un "bref" retour sur ce long week-end. Mélie a quitté ces pantoufles et le Chéri d'Amour qui va avec pour faire quelques petites escapades franchement agréables.



Tout a commencé vendredi soir, j'avais promis à mon Loulou d'être à l'heure, mais la force démoniaque de Diablo III me retint jusqu'au dernier moment... J'ai quand même réussi à me préparer en deux/deux. De toute manière, comme disait la sagesse universelle de feu mon Papi; "on ne fait pas un cheval de course d'un mulet..." et comme faut souffrir pour être belle et que je m'aime assez pour pas me vouloir du mal, me suis contenté de me coiffer. Donc, nous n'étions pas trop en retard... mais c'était sans compter sur le vide intersidéral qu'abrite ma caboche et on a dû revenir sur nos pas pour que je prenne mon téléphone savamment oublié à côté de mon clavier et ma souris encore toute fumante des exploits réalisés quelques minutes auparavant (comme je te l'ai défoncée cette put*** de Maghda...). Ce retard n'est pas uniquement de ma faute, la dernière sortie s'étant close sur le drame de la sacoche perdue et du portable sans batterie (tu vas en entendre longtemps parler de ça mon Loulou!), il valait mieux que moi j'ai mon outil de communication à portée de main, je suis pas très douée en télépathie, mieux vaut prévenir que guérir! (Oui tonton Kant, rejeter la faute de notre retard sur les épaules de Nicoco et ne pas assumer mon incapacité à être ponctuelle est un acte de mauvaise foi... mais moi je suis pas comme toi* tonton...)



Nous sommes enfin arrivés en ville et nous rejoignîmes nos deux amis en bas de chez eux pour aller à pied voir les Improspectus à la maison pour tous Voltaire.  La soirée s’annonçait bien, nous avons réussi à arriver à l’heure (une fois n’est pas coutume…) pas de travaux, pas de problèmes d’orientation, pas de faille spatio-temporelle qui fit avancer les aiguilles plus vite que prévu, et même que Lolo (comme Loulou l’a si bien nommé) mangeait des carottes…

Pourquoi est-ce un bon présage qu’un mec bouffe des carottes ? Il faut que je dise qui sont les deux amis qui nous ont conviés à cette soirée. Elle, on l’appelle Tsubaki avec Chéri d’Amour, comme dans Soul Eater, elle est la douceur et la gentillesse incarnée et passe son temps à s’excuser pour son partenaire, ici son compagnon en l’occurrence. Lui… ben, c’est un peu le contraire vous vous en doutez, comme on dit les contraires s’attirent, car ce champion international toutes catégories de « ralage » en bonne et due forme devrait se faire greffer un perfu’ de carottes, à ce qu'il paraît ça rend aimable. Puissance magique insoupçonnée des carottes ou humeur jusqu’alors inconnue de Lolo, il a fait preuve d’une presque normalité (faut pas pousser mémé… non faut pas la pousser), ou alors sont-ce les joyeux drilles des Improspectus qui rendirent « la bête » plus douce** ?



Arrivés à la Maison pour tous Voltaire de Montpellier, nous avons découvert avec bonheur Loulou et moi, qu’il y avait une buvette, enfin, surtout moi, ce soir-là, c’est pas moi qui conduisais ! (BOIRE OU CONDUIRE IL FAUT CHOISIR !). Des petits papiers circulaient, les gens buvaient et babillaient dans la bonne humeur en attendant que ça démarre et l’ambiance amicale et chaleureuse était fichtrement communicative (et l’alcool n’y est pour rien, vous pouvez y aller et vous contenter de consommer un soda, l’effet sera le même).



Ces fameux petits papiers ne sont aucunement des billets doux entre amants secrets, ni un système discret d’échanges d’informations qui doivent échapper à Big Brother… Non, ces petits papiers sont une invitation à participer activement au spectacle. C’est de l’improvisation, mais on n’improvise pas sur rien, c’est donc aux spectateurs de jeter dans un chapeau (un saladier en fait), un petit blabla pour donner matière à  improviser.  On nous a fait rentrer, nous sommes docilement allés nous installer et ça a enfin commencé.



Avant de dire quoi que ce soit de plus, faut que je dise deux choses. La première, c’est que c’est la première fois depuis sept ans que je ne me suis pas terrée chez moi un 25 mai, j’ai plutôt l’habitude de consacrer ma soirée à penser à mon papa qui nous a quittés ce jour-là. La deuxième, c’est que le théâtre pour moi, c’est un travail littéraire de longue haleine, où le mot est choisi, travaillé, élu parmi les autres mots de la langue française pour que chaque élément vienne en sublimer le texte, ravir l’ouï et chambouler l’âme (technique que, vous l’aurez compris, je n’applique pas à mes textes, mais je suis pas une artiste, je suis une œuvre d’art !). Improviser avec des mots me semblait peu concevable, même si mes jeunes années de danseuse m’ont conduite à pratiquer la danse contact improvisation et à pratiquer régulièrement l’impro qui faisait parti des épreuves finales pour mon bac spe danse. J’avais un peu peur, j’avoue, que l’on écorche cette langue française qui me fait vibrer. Comme l’a écrit Pascal Quignard, « trouver le mot, c’est éjaculer soudain » et du jaillissement _ au sens figuré, nous sommes tous ressortis aussi propres que ce que nous étions rentrés_ il y en a eu et les Improspectus illustrèrent avec brio les propos de l'auteur « les mots que l’on prononce ne sont pas les mots qu’on écrit. Autre syntaxe, autre monde ». Car nous sommes rentrés dans un autre monde, un monde dans lequel mon papa aurait adoré rentrer, un monde qui met à rude épreuve vos zygomatiques, tendus, qui ouvrent un large sourire d’une oreille à l’autre de votre visage, si vous avez bien deux oreilles, et qui vous fera vous presser aux toilettes***.  On rit autant que ce qu’on admire la capacité à rebondir sur les images les plus cocasses et absurdes de la folie que certains spectateurs ont déversée sur leurs petits papiers. Et tout cela, sans nous faire saigner les oreilles, les langues des Improspectus jonglent avec le français sans irriter nos tympans, ni nous faire dresser les cheveux sur la tête (je m’étais coiffée pour une fois voulais garder le semblant de coiffage que j'avais en arrivant…).  Vous me direz, « c’est bien beau de nous raconter ta vie sans intérêt, mais faut en dire plus sur le spectacle », et j’y viens.



Il y a cette histoire de petits papiers qui donnent aux acteurs le sujet à habiter le temps d’une impro. Il y a un arbitre _ un peu sadique_ qui donne des ordres pas franchement évidents pour le plus grand bonheur des spectateurs et qui sort son carton rouge de temps en temps pour corser un peu l’affaire et rendre le jeu moins évident (citer des marques, faire des vers…) et qui, chronomètre dans une main et porte-document dans une autre, orchestre comme un chef les zozo qui transpirent sur scène. Il y a les acteurs qui font vivre des histoires ubuesques et absurdes. Il y a des spectateurs qui rient**** et qui applaudissent. Il y a de la musique, du rythme pendant et entre les petites scènes. Et comme disait Trenet ***** « Y’a de la joie… »



Faire un Vaudeville avec une histoire de cloche ; voir le dvd du blockbuster ougandais « Le trésor perdu de la botte boueuse » avec un lecteur dézingué qui nous fait voir la scène première, la scène finale et la scène romantique dans un ordre déjanté ; une scène matinale de vie de famille qui nous fait découvrir une maman franchement cuitée et la dégustation d’une soupe faite par une mère ayant apparemment les mêmes talents culinaires que moi ; voilà un petit échantillon de ce qu’on a vu ce vendredi.  



Conclusion, j’ai passé une excellente soirée grâce aux Improspectus, même si ce n’était pas gagné, et je ne peux que vous inviter à aller voir qui ils sont (en cliquant sur l'image vous arriverez comme par magie sur leur site), vous les trouverez aussi sur facebook, twitter (mais pas google+, mais personne n'est parfait). Et si vous êtes dans la région de Montpellier lors de leurs dates (vous pouvez les voir ici) ou que vous êtes à Toulouse demain (le 30 mai) , et que vous avez envie de passer une soirée sympa, n’hésitez pas.



La soirée ne s’est pas terminée là, nous sommes allés, Loulou, Tsubaki, Lolo et des amis à Tsubaki, continuer la soirée à l’Irish Tavern où nous avons là encore bien bu (je généralise, mais c’est juste pour pas passer pour l’unique poivrote de la soirée…).  En tout cas, c’était une soirée géniale et si mon ébriété m’a transformée comme toujours en grosse « Relou » comme on dit, je présente humblement mes excuses à ceux qui ont été obligés de me supporter.



Le lendemain matin, comme tous les lendemains de cuite, j’avais l’impression qu’on avait badigeonné d’Algo Flash l’intérieur de mon crâne aidant à la pousse intra crânienne de mes cheveux… La journée à donc été consacrée à Diablo III (pas le meilleur remède contre le mal de tronche en fait) et la soirée à un petit repas pépère, grillades et copains à la maison (la vie dans le sud est géniale !), mais sans alcool pour moi.



Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas trop fan de sport et que seuls le rugby et la boxe thaï trouvent grâce à mes yeux. Mais dimanche, je suis allée à l’Arena (faudra que je parle plus amplement de ce lieu quand même) voir des garçons (pour certains fort charmants…) faire des trucs de folie avec des anneaux et des barres et d’autres « meubles » bizarres… C’est quand même dingue ce que les gymnastes sont capables de faire avec leur corps et si je m’endors automatiquement en regardant à la télévision ce genre de compétition, j’avoue que j’ai bien aimé et que c’est quand même mieux en vrai, merci Miss pour les places :) !!!



Lundi a été consacré à un peu de Diablo III (je peux pas résister, c’est plus fort que moi) et une après-midi lecture. Mais pour ça, je blablaterai plus tard sur mes dernières escapades littéraires, un petit article est en préparation.   



Nota [pas] bene:

* On dit que Kant était si ponctuel que lorsqu'il sortait pour faire sa promenade quotidienne, toujours à heure fixe, les gens réglaient leur montre (Z'aveaient pas de montre Flic-flac à l'époque?)

** Je force le trait du Lolo, mais je l'aime bien quand même et ça peut même être agréable d'être en sa compagnie quand il nous tape pas ou qu'il nous insulte pas...

*** Mention spéciale pour les toilettes de la Maison pour Tous, enfin celles pour hommes... Les toilettes publiques, c'est ma hantise. 1/ Je suis une fille et elles sont toujours bondées et quand il y a des pissotières dans celles des hommes, je peux pas aller chez eux et 2/ J'ai peur des méchantes bactéries.

**** +1 pour celui qui riait derrière nous, je ne dirais plus jamais rien (ou pas) à Nicoco quand il rigole...

***** Vive Charles Trenet, narbonnaise, je ne peux qu'aimer ce chanteur qui avait très bon goût. L'artiste s'est un jour penché sur mon berceau et a dit à ma maman que j'étais un très joli bébé. Par contre, il m'a pas soufflé dessus, je chante comme un casserole....
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