dimanche 20 janvier 2013

Les livres pour amants...


 
Je m’apprête à lire un livre. Un Folio tout ce qu’il y a de plus anodin, comme tous ceux qui sont déjà passés entre mes mains ; un assemblage ingénieux, mais banal de fibres végétales. Cependant, comme toujours, un doux émoi s’empare de moi et toucher ce livre me fait croire à des choses magiques. La somme de savoirs, de pensées, d’imaginaires, de sensations, de sentiments et d’émotions que me promet chaque livre est une chose surnaturelle et prodigieuse, et ce, depuis toujours.

Petit livre au format poche, je prends le temps de le regarder, l’observer sous toutes ses coutures, toucher la qualité des matières qui le composent, sentir son odeur en brassant les pages sous mes yeux avides. Le livre, avant sa lecture, est une rencontre mystérieuse et sensuelle pleine de promesses, un instant de fantasmes et d’attente si proche de celui qui précède une relation amoureuse ou sexuelle. Le premier contact se fait avec la première de couverture ; premier échange de regard, premier sourire. On tourne ensuite autour de la chose, la manipule légèrement et on se penche sur la quatrième de couverture, le premier rendez-vous, la première discussion, la première émotion souvent. La première émotion, dont on devra dépasser le préjugé pour arracher l’étiquette collée machinalement ou au contraire conforter l’agréable surprise, lorsqu’elle est enfin outrepassée ou trépassée, on se lance à sa conquête ou le délaisse.

J'ai Le Sexe et l’effroi, de Pascal Quignard, entre les mains et déjà, dès la quatrième de couverture, avant même d’avoir commencé à effeuiller cette œuvre, mon esprit voyage et se laisse emporter dans une volubile idylle tournoyante avec les mots que l’auteur m’offre comme cadeau divin. J’aime l’objet livre, j’aime les mots qu’ils contiennent.

« La jouissance arrache la vision de ce que le désir n’avait fait que commencer de dévoiler ». Je désire lire ce livre et je compte bien jouir de sa lecture. Ma philosophie hédoniste qui me fait apprécier Michel Onfray, adorer Pierre Louÿs et vénérer Dionysos me permet de chercher le bonheur et la jouissance dans tout ce qui m’entoure, et surtout le Savoir sous toutes ses formes. Parce que, dixit Pierre Louÿs, la sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice du développement intellectuel, j’explore de manière intellectuelle et sensuelle tout ce qui se présente à moi et j’aime tout autant la tension que l’on ressent dans le désir, que la sensation plénipotentiaire de bonheur absolu lorsqu’on jouit.

La jouissance est violence. Vol à l’arraché sur celui qui désirait, qui observait l’étoile et déplorait son absence. C’est faire basculer du monde de la contemplation à celui de la sensation. La jouissance c’est vivre après avoir rêvé. Désirer, de sidius, « l’étoile » en latin, c’est contempler une chose transcendantale, c’est se projeter dans les cieux et se débarrasser momentanément de son corps pour mieux le retrouver. Désirer c’est faire entrer l’objet de nos vœux dans notre espace onirique personnel pour ensuite l’accepter physiquement à soi, en soi même, comme s’il s’agissait du fascinant phallus d’un homme que l’on désire. Lire, c’est se laisser pénétrer par quelque chose qui nous dépasse.

Je suis l’amante des livres que je lis, ils vivent à jamais, tous, en moi. Je suis une amante plurielle qui ne se laisse pas enchaîner par une œuvre, un genre, une histoire. Je suis une amante infidèle qui aime lire plusieurs oeuvres en même temps et collectionner les marques pages au milieu des livres comme on collectionne les draps froissés dans les lits qu’on a multipliés. Nul doute que ma biographie d’Alexandre le Grand et mon Voyage érotique ne m’en tiendront pas rigueur.

jeudi 20 septembre 2012

Montpellier Danse, saison 2012-2013, trop de belles choses à voir

Bonjour tout le monde!

J'espère que la rentrée s'est bien déroulée et que tout le monde est heureux et plein d'entrain parce que les choses reviennent enfin à la normale. Les programmes tv du soir, les activités, les sorties, le boulot, le train-train, les choses rentrent enfin dans l'ordre et c'est le moment de faire sont planning culturel pour l'année qui va suivre et y'a quelques petites choses qui se trament et qu'il faudra pas manquer.

La rentrée culturelle débute donc sur ce bloguinou avec la présentation des programmes du Montpellier Danse. Et je n'aurais qu'un mot à dire, attention, ça va être top de chez top-top! Vous pouvez aller baver et regarder le film de présentation à cette adresse et juger par vous-mêmes ;)

C'est hier soir que nous nous sommes pointés Loulou d'Amour* et moi à la soirée de présentation du programme qui va démarrer. En passant, si ça fait longtemps que vous n'avez pas mis les pieds à l'Agora, il faut vraiment que vous fassiez un petit détour, les locaux et les rénovations sont magnifiques et l'ambiance et la magie qui règnent dans ce lieu chargé d'histoire**. Donc, nous voici arrivés, on est bien sur les listes, on a nos petits programmes et prospectus en tous genres dans les mains (gardez bien ce détail en tête, parce que ça aura son importance...), on nous offre l'affiche de la saison (qui est sublime et qui va vite trouver sa place dans mon petit coin [coin] à moi et on attend patiemment qu'on nous invite à entrer dans la salle Béjart. J'en profite pour casser un peu les pieds Loulou avec mes histoires, on s'en grille une petite (un vilain défaut qu'il m'est difficile d'abandonner) et on va enfin s'assoir (grosse feîgnââââsseuh et fière de l'être).
La salle est magnifique, haute sous plafond, les lieux sont un peu intimidants et chaleureux en même temps. Sur l'estrade, les invités venus nous parler un peu de ce qui va se passer pendant cette saison sont bien installés et savent nous donner l'eau à la bouche.
Je ne vais pas vous rapporter tout ce qui a été dit et vous laisse aller voir le programme pour juger par vous-mêmes, mais je tiens tout de même à vous parler d'une date évènement qu'il ne faudra surtout pas manquer.
En 1992, nous quittait Dominique Bagouet, chorégraphe initiateur du Festival Montpellier Danse avec feu lui aussi George Frêche. Les petits malins aussi fortiches que moi pour compter sur leurs doigts au-delà de 10 sans perdre le fil (et sans utiliser leur doigts de pieds), auront vite percuté que cela fait déjà 20 ans que ce Grand Monsieur nous a quitté (pour les cerveaux lents à la détente, ceux qui ont le percuteurs qui reste collé, 2012 moins 1992 égale à .... TaDammm... 20 années!)
Pas mal de choses en l'honneur de ce chorégraphe sont à ne pas manquer des vidéos, une création, des conférences, notamment une sur le Sida (qui a malheurement emporté D.Bagouet) qui traitera des avancées effectuées à Montpellier avec de vrais scientifiques (ceux qui utilisent des éprouvettes et pleins d'intruments dignes des grimoires d'alchimie et qui portent des blouses blanches...). Venus de l'inserm, du cnrs et du centre de recherche de Génétique et Moléculaire de Montpellier, les chercheurs viendront nous parler notamment des nouvelles pistes sur le contrôle de l'infection qui ont vu le jour dans les laboratoires Montpellierains. Il y aura également des projections, une "foule éclair", une flashmob le 9 décembre à 11h sur la place de la Comédie et partout en France (une phrase chorégraphique tirée du répertoire de Dominique Bagouet). J'ai hâte! Imaginez qu'en 1ère c'était un des chorégraphes au programme (j'ai fait un bac spe danse au lycée Jean Monnet de Montpellier) et comme c'est année que je me suis incrustée dans la classe d'Histoire des arts pour partir à Paris, j'ai connu un grand moment de gloire à danser une phrase de So Schnell sur les champs Elysée*** devant mes amis, en décembre je redanserai du Bagouet mais sur la place de la Com' à Montpellier cette fois-ci****!
Après la présentation, la projection des extraits du programme, nous avons eu droit à un bon petit verre et de quoi grignoter et nous nous sommes dirigés vers la billetterie pour prendre nos cartes Agora. Un petit point d'ailleurs là-dessus, les formules qu'ils proposent sont hyper avantageuses et si vous faites parti de ces gens qui pensent que la danse c'est pour les riches snobs (je vous jure, on me l'a déjà dit...) allez voir un peu du côté des tarifs et des abonnements, et si jamais vous êtes néophyte en matière de danse contemporaine et répetez à longueur de journée que vous n'y comprenez rien, la conférence de Philippe Noisette le mardi 16 octobre est faite pour vous et sera l'occasion, non pas de suivre un cours magistral sur l'histoire et les théories de la danse, mais de revenir sur les préjugés et les "on dit" qui a la vie dure à propos de la danse...

On a passé une excellente soirée donc, on a papoté comme des fous-loulous et on a surtout terminé notre passage dans ces lieux par un fou-rire extrordinaire... Mais ça je vous en parlerai une prochaine fois, pour l'instant, faut que m'éclipse.

*Loulou d'Amour, vous avez compris c'est mon meilleur ami, hein? Parce que traîner Chéri d'Amour en centre-ville, le soir et pour une rencontre en rapport avec la danse c'est aussi probable que d'emmener José Bové manger un bon Big Mac sur les Champs Elysées...

** D'ailleurs, une petite page sur ces lieux ne serait pas de trop. Faut que je pense à prendre mon appareil photo quand j'irais réserver nos places à Loulou d'Amour et moi pour vous montrer un peu comme c'est trooooooooooop beau, enfin plus que ce que ça ne l'était déjà.

*** Ceux qui me connaissent savent que j'ai toujours été bien meilleure en théorie qu'en pratique en danse et pourtant, je me rappelle que cette fois-là, j'avais exécuté les pas à merveille, dommage que ma prof n'ait pas été là pour voir que pour une fois j'avais été capable de me débrouiller ... :(

**** Qui m'aime me suive, et même ceux qui m'aiment pas :)


PS: A ne pas manquer surtout! Cette semaine les représentations des Improspectus redémarrent. J'ai déjà blablaté sur eux et il y a de fortes chances pour que je récidive puisque Loulou d'Amour et "Moi-Même d'Amour" (je trouvais que ça sonnait bien et comme je suis dans une période où je m'aime bien...) on ira les regarder et sans nul doute les applaudir ce vendredi soir à 21h à la maison pour Tous Voltaire à Montpellier.