lundi 21 janvier 2013

Il va falloir amputer! Quand la correction devient une torture!

- Il va falloir amputer Docteur?
- J’ai bien peur que oui ma chère Mélie... Et il faudrait penser à faire un régime aussi, vos lecteurs n’y survivront pas sinon.


Silence gêné, tension palpable dans la pièce, je me dis que le Doc’ à raison, mais je suis bien attachée à cette partie de l’histoire! Et mes rondeurs, lourdeurs pour d’autres, me plaisent.




Ce qui se passe dans ma tête alors que je relis ce qui vient d’en sortir est toujours plein de pathos, de douleurs et de déchirements. Les conseils sont toujours les mêmes, réécrire et corriger, couper, jeter, élaguer, rogner est indispensable, et moi je veux bien suivre les instructions d’envie d’écrire, mais j’ai peur de me transformer en boucher, et j’ai l’impression de m’auto-mutiler.

J’ai décidé de me lancer, cette fois-ci je ne vais pas me contenter de diffuser l’information sur un concours d’écriture, je vais tenter d’y participer. Cette fois-ci, je ne vais pas ranger mon manuscrit et les rêves qui l’accompagnaient dans un tiroir. Cela fait six jours que j’ai commencé à raconter une histoire, je l’ai terminée hier, et le premier verdict tombe: il va falloir faire maigrir tout ça. Alors que je passe mon temps à râler et à essayer de grossir dans la vie réelle, il en va tout autrement de mes blabla (faudrait que j’en parle à un psy peut-être, celui que j’ai dans ma tête me dit que des conneries... Si le dernier que je suis allée voir ne s’est pas pendu avec la corde qu’il m’a proposée, je le recontacterai peut-être!)  

Le problème ne date pas d’hier et m’a profusion blablatique, souvent l’occasion de blaguer, discuter, avoir mal à la tête pose problème à beaucoup de gens, est un sacré soucis, mais je prends note et y travaille. Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour être reconnue par son idole (je suis sûre qu’il se reconnaîtra!) et ceux qui n’ont pas peur d’une hémorragie oculaire?

Je suis donc devant mes brouillons avec mes différentes versions numériques et manuscrites, et je me suis accroché un gros post-il sur mon bureau “10 000 caractères ESPACES COMPRIS!” Je me mets donc à pédaler dur... J’en suis déjà à me demander si je ne vais me la jouer médiéviste ou me lancer dans le style latiniste et abroger la règle des espaces entre les mots que je retiens ma main de ranger tout ça dans ce tiroir déjà trop plein de cahiers, carnets, feuilles volantes pliées, froissées, déchirées, de rêves abandonnés.

Mes différentes versions (petite astuce que j’ai mise en place pour moins me frustrer; je ne jette pas réellement les choses) sont de bonnes augures pourtant, 20 000 caractères d’une traite, 16 000 après la première vendange à blanc, hier soir j’en étais encore à 15 000, mais là je bloque, 13 112 caractères exactement malgré une partie de ma nuit à y travailler, et ma matinée à y peiner.

J’ai lu dernièrement La Vérité sur l’Affaire Harry Québert de Joël Dicker (il y aura d’ailleurs sûrement un article sur #ETC dans quelques temps ;) si le maître est toujours partant) et je me suis faite une réflexion, cette angoisse de la page blanche je ne l’ai jamais eu et je ne sais pas si je ne suis pas immunisée contre la maladie des écrivains dont il est question (interdiction d’aller voir un chaman vaudou pour que je la choppe! J’ai bien assez à faire avec les grippes, bronchites, gastro et autres bêtises qui circulent depuis décembre!). Ma maladie à moi, c’est celle de la page trop noircie et je me demande comment font les autres dans le même cas que moi. Ce n’est pas un MST hautement contagieuse, mais je me doute que ce n’est pas problème qui pourrait faire de moi une personne unique. Comment faites-vous pour remédier à ce problème vous qui savez écrire? Quelles sont vos astuces?

Je compte bien faire subir à quelques unes des personnes qui m’entourent la lecture de la chose qui me tracasse en ce moment, et donner à la communauté qu’on a créé sur Google+* quelques fragments douloureux de la bête noire du moment, mais j’aimerais aussi connaître la recette magique des vrais artistes. 


Je lance donc un appel à don gracieux pour que l'on m'offre une baguette magique, une incantation puissante, un grigri surnaturel, une marraine la Bonne Fée conciliante ou une Muse moins loquace pour aider la mienne...

* Attendez-vous à ce que je commette un petit billet sur Google+ et ses communautés incessamment sous peu! Mais en attendant, tu peux aller voir mes préférées, toi qui as eu le courage de lire cela jusqu’au bout : “Lire pour le plaisir”, “Fier d’être geek”, et les toutes petites mais toutes gentilles “Ecrire pour le plaisir” dédié à ceux qui aiment écrire et “La serre des savoirs” pour ceux qui veulent partager leur culture générale.

4 commentaires:

Djinnzz a dit…

Hello Mélie!
Décidément, mon lecteur de flux RSS doit être au courant que je t'aime bien, tes articles arrivent toujours en tête des centaines d'autres blogs auxquels je suis abonné! ;)

Je ne vais pas pouvoir t'aider sur ce coup-là, étant moi-même atteint du syndrome inverse... il m'arrive de rester bloqué deux bonnes heures avant de pondre le premier mot d'un texte...
Je pense que tu as bien de la chance: il est toujours plus facile d'élaguer que de produire! Tu m'avais d'ailleurs impressionné la première fois que l'on s'est "rencontré" en écrivant un article sur l'apport de Dionysos dans la chrétienté en moins de temps qu'il ne faut pour le dire!
L'exercice auquel je me tiens de produire un texte par jour sur EtaleTaCulture (une moyenne de 500 mots - 1200 mots max par article) m'a permis de réaliser l'importance de la relecture et du "remaniage" - une étape que j'avais tendance à négliger totalement au début. Aujourd'hui, j'ai constaté que je passais moins de temps à produire le "premier jet" qu'à le transformer.
Donc un gros merci pour le lien d'EnviedEcrire, très formateur.

Sur ce, je retourne à mes excursions du moment! ;)

Bises,
Djinnzz

antonio a dit…

Hello Mélie
soit trop court, soit trop long nous sommes tous confrontés au même dilemme: revenir sur un texte est une véritable torture.
Il m'est arrivé, parfois, de raturer un mot pour en mettre un autre puis raturer celui-ci pour revenir au premier ou à un autre encore pour, au final, revenir au tout premier mot.
D'ailleurs je trouve que maintenant les éditeur devraient mettre à la fin de chaque roman ou nouvelle la mention: cette oeuvre se compose de xxxx caractères espaces compris ou de tant de mots.
Amicalement
Antonio

Mélie Tes Ratures a dit…

Bonjour Antonio,

Je valide l'idée de mettre le nombre de caractères à la fin d'une oeuvre pour permettre au lecteur d'évaluer les heures de travail (littéralement de torture si on se réfère à l'étymologie)!

Mélie Tes Ratures a dit…

Salut mon petit Djinnzz adoré!
Je suis flattée que ton flux RSS m'élève à une si bonne place. J'ai effectivement la chance d'arriver à produire un texte assez rapidement
Au niveau de la quantité, je ne peux pas trop me plaindre, mais la qualité elle... J'ai tendance à ne pas voir plus loin que mon nombril et me dire que rajouter est plus facile. Pas facile non plus de passer plus de temps à se corrige, ce n'est pas l'image de la création que l'on a (fichus 19ème siècle, fichus romantiques avec leur culte du génie et leurs mensonges!)et heureusement que mes enseignants au lycée et à la fac, les sites comme enviedEcrire et les connaissances sur le web et IRL sont là pour nous rassurer sur le fait que c'est normal!

Ceci-dit, tu sais que moi de mon côté j'admire ta régularité et ta capacité à produire un texte par jour. Personnellement je me laisse vite déborder par tout ce que j'ai à faire dans la vie de tous les jours! Et puis, tu mets peut-être un peu plus de temps à écrire, mais la qualité est au rdv ;)

Je te laisse à tes excursions et tes aventures, amuse-toi bien!

[Et merci pour le petit instant émotion en me rappelant notre "rencontre"... ton appel sur twitter, mon obsession dionysienne qui me titille et les différents moi dans ma caboche qui s'activent comme une armada de hamster galopant dans leur roue... Il y a des fois où je me dis que j'ai rencontré vraiment des personnes exceptionnelles!]