mardi 24 avril 2012

THERMAE ROMAE, Mari Yamazaki. T1... J'adore!

Thermae Romae, une agréable surprise.
L'histoire prend place dans la Rome du IIe siècle et c'est sur le licenciement du protagoniste que s'ouvre le premier tome de cette série de Mari Yamazaki.

Le personnage principal, Lucius, un architecte romain spécialisé dans les thermes voit son travail critiqué dès les premières pages. Pas au goût du jour, ne reflétant pas l’époque et les attentes qu'imprime l'empereur Hadrien sur son peuple, les plans que Lucius propose sont d'un style d'un "autre âge".

Dès les premières pages, le lecteur sait que l'architecte déchu devra trouver un moyen pour faire preuve d'inventivité et d'imagination. Se retrouvant aux bains avec d'autres personnages, il se retrouve happé par le courant d'une bouche d'évacuation qu'il voulait examiner de plus près. Il se retrouve au milieu des "visages plats", qui ne peuvent être que des esclaves et en bon écolo déjà, il trouve le système ingénieux que de recycler les eaux des bains des citoyens pour la partie réservée, selon lui, aux esclaves.

En fait propulsé dans le futur au Japon, il trouvera dans cette époque là-bas, l'inspiration et le génie qui lui étaient demandés. Chaque chapitre utilise la même trame, Lucius doit relever un défi, il se retrouve propulsé dans le temps et les découvertes qu'il peut y faire lui permettent d'évoluer professionnellement (pour ce qui est du développement personnel et amoureux... cela reste à voir). Si le scénario de chaque chapitre semble répétitif, les quiproquos, l'histoire antique et le personnage attachant, malgré l'orgueil dont il fait preuve, sauront rendre la lecture intéressante pour plus d'un lecteur.

Apprendre l'histoire et la culture antique de Rome dans ce manga, voilà à quoi je ne m'attendais pas, en fait. Les références sont fines, les détails soignés et les planches magnifiques. Je n'ai pas besoin de dire que j'ai adoré! Et les incursions "autobiographiques" de l'auteur ne font qu'ajouter au charme de cet ouvrage.

Lorsqu'on se passionne pour l'histoire, on ne peut effectivement, qu'être agréablement surpris par le travail de l'auteur. Le personnage est dans le ton et son orgueil de romain cadre bien avec celui que doit avoir un citoyen de l'empire à cette époque. Il ne faut d'ailleurs, à mon humble avis, pas voir ce mépris pour les "têtes plates" comme un discours orienté sur le racisme, cela fait partie de la couleur historique et locale. En effet, n'étaient citoyens, hommes libres, que les Romains et tout Romain se trouvant face à un étranger à Rome (là où il pense se trouver au début) auraient immédiatement cru se trouver face à un esclave, ou du moins un affranchi. Cette jolie histoire, invite le lecteur à s'interroger sur le principe de l'évolution des cultures et des sociétés et à voir, à l’aune des notions de temps long et temps court (que l’on retrouve chez Fernand Braudel et que l’on est censés enseigner en histoire[1]), le principe de permanence et de dialogue à travers les âges, et à s’interroger sur ce qui fait une culture.

 J’ai trouvé le personnage de Lucius Modestus assez plat, mais j’ai pu retrouver le personnage d’Hadrien tel que je l’avais découvert dans les écrits de Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien. Et rien que pour toutes les agréables surprises que j'ai pu avoir en lisant le premier tome, je vais me laisser tenter par la lecture de la suite de cette série.



[1] Fernand Braudel dans la Préface de La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II que cite Antoine Prost dans ces Douze leçons d’histoire.
Enregistrer un commentaire