lundi 8 août 2011

Réflexions liminaires inutiles avant d'entamer le récit des visites....


Avant de parler des rencontres esthétiques, culturelles, métaphysiques et enivrantes devant les vitrines des musées chers à mon cœur, je vais ici et maintenant déverser quelques-unes des réflexions que j’ai pu me faire en circulant dans le dédale parisien.

Car oui ! Lorsqu’on est une provinciale comme moi , attachée à sa douce garrigue, ses odeurs, son soleil et ses bruits propres à bercer les mythiques siestes méditerranéennes, on se retrouve toujours ébranlé par la vie qui règne dans la capitale française…

Et oui, car de sieste il n’est en déjà pas question, ou bien alors dans la berceuse mécanique du métro parisien, entre deux arrêts, entre deux courses, entre deux coups de tronche. Les gens arrivent à dormir dans cette boîte souterraine, premier étonnement de ma part. Moi j’ai peur, je flippe, en clair je me fais dessus en imaginant les pires choses ; « et si on ne revoyait jamais la lumière ! ». Oui je suis aussi malvoyante qu’une taupe, mais je n’en suis pas plus à l’aise dans les méandres puants et viciés des entrailles de Paris _ et j’ai même souvent soupçonné de me trouver dans le côlon de la vie citadine tant les tronches de trois kilomètres des comparses usagers semblaient dire merde à quiconque croisait leurs yeux cernés et malodorants.

Heureusement que dans mon périple, Dieu était avec moi. Non, non, je ne suis pas illuminée, je n’ai pas vu la Vierge, j’étais accompagnée de mon alter ego transcendantal, ma meilleure amie. Elle était là pour me dire à chaque entrée et sortie du manège infernal « Attention à la marche ! », dans le tombeau roulant « On sort dans tant d’arrêts ! », « On s’arrête là ! »… Heureusement que la foi divine me guidait, car, pour sûr, je me serais retrouvée coincée entre le quai et le métro ( deux minipousses comme moi au moins passaient dans ces failles infernales, et je me voyais déjà tomber dans le trou puis déchiquetée et hachée menu lors du départ du métro, situation gore à la Destination Finale dont les troublantes images ne cessaient de me hanter durant tout le trajet…)

Non ! Je n’aime pas le métro, c’est clair et précis, je n’aime pas l’odeur, la saleté, les bruits, l’envie de vomir le quatre heures dès 9h du matin, et les gens !

Ces citadins sont extraordinaires à observer. On a l’impression, parfois, d’être face à une fourmilière. Mais les fourmis ont oublié le principe de vie en communauté et l’individualisme patent qui émane de chacun nous pousse à nous demander si un infarctus au milieu de la rame arriverait à émouvoir ces bêtes silencieuses qui n’ouvrent la bouche que pour éructer des insultes lors d’une collision impromptue avec un congénère.

Mais au bout du tunnel, la lumière, la douce lueur de la culture me permettait de tenir en me disant, je vais voir ceci, on va rencontrer cela, je vais découvrir telle chose… Rêver et imaginer les futurs délices visuels me permettaient de ne pas partir en courant sur le côté droit (et oui, un grand malheur et prédit à celui qui ne sait tenir la place qui incombe à la vitesse pédestre adoptée… insultes, coups d’épaule et plaquage digne des plus rocambolesques matches de rugby attendent celui qui ne connaît pas cette sacro-sainte règle !). Le passage dans le métro était un passage obligé et je ne regrette finalement pas ces déplacements, car nos pas nous ont conduits vers le Musée des Lettres et Manuscrits, le musée de Cluny, et j’ai pu découvrir Ecouen et son musée de la Renaissance, le Quai Branly et la crypte archéologique sous le populeux parvis de Notre Dame.

Que de merveilles nous avons pu alors contempler avec la complice de mes délires culturels. Je dois même dire que le contraste entre les miasmes du métropolitain sublimait d’autant mieux les beautés éblouissantes qui irradiaient mes yeux et enflammaient mon imagination. Mon Dieu ! Que j’aime Paris, et j’aimerais bien plus cette ville si un jour je trouvais le moyen de tordre l’espace-temps et me mouvoir à la vitesse de la lumière pour rejoindre les lieux désirés en un clin d’œil. Pour l’heure courber l’espace-temps n’est pas encore au goût du jour, nous en sommes plutôt encore au stade de tomber dans des failles spatio-temporelles. Des failles qui faussent les calculs de temps de trajets et qui nous font perdre sans en connaître la cause des temps considérables. Manque de bol pas de temps perdu au guichet des objets trouvés du métro et encore moins d’horloges magiques pour remonter le temps égaré entre un battement de paupière et un autre. Qui sait ? Il se peut que les Parisiens soient dotés de pouvoir extra-sensoriel pour voler le temps des touristes afin qu’eux-mêmes en passent moins dans les étrons à roulettes… Ceci est et restera un mystère.
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