jeudi 28 juillet 2011

Comment trouver un lien entre pôle emploi et une oeuvre de Giono?

Chroniques de révisions laborieuses et cheminement vers le divertissement non pas d’un roi, mais de son bouffon…

Et voilà, mercredi 27 juillet 2011, je me lance dans les révisions du jour dûment repoussées à cet après-midi pluvieux, et … RIEN, je n’ai pas envie… Non ! Pas de mouche Tsé-Tsé fautive, et mes gênes méditerranéens ne sont peut-être pas en cause.  Il faut dire que le rendez-vous à pôle emploi de ce matin aurait coupé la chique au plus vigoureux bachoteur motivé pour obtenir le sésame si précieux du CAPES… Moi qui me disais « Je vais rentrer, accueillie par quelque Cheerleader effrénée dans le temple ou Dieu*, être vénéré et vénérable**, a très certainement insufflé toutes les ondes positives de la motivation pour aider le néophyte qui entre pour la première fois ici ». Me rappelant des préceptes solennels de « Zadig et Voltaire » je saute à pied joint dans l’antre… Ma foi, mon courage et ma fierté m’ont empêchés de partir en courant et avec l’aplomb du chevalier qui s’en va occire le grand méchant de l’histoire, j’avance la tête haute avec un petit air de « je vais vous montrer ! ». Une faille spatio-temporelle m’aurait-elle téléportée dans le monde ou l’apathie est reine. Je reprends mes esprits et me rappelle que les lois de la putaphysique*** font naître toute failles de l’espace temps en Île de France (en souvenance de quiproquo chronologique lors d’un voyage culturel entre amies). Mollassons ataviques, glandeurs chroniques et limaces courbets (j’emploi le pluriel pour donner un de corps à une scène occupée par seulement trois personnes qui errent ici, l’air hagard, en quête de je ne sais quoi (en passant, eux aussi ne le savent peut-être pas non plus). Bref ! Assommée par la chape de plomb qui semble tomber sur toutes les épaules, je m’avance d’un pas un peu assuré et m’annonce à l’accueil. Une liste devant la travailleuse presque affairée et me rend compte avec joie que je suis une VIP car je suis sur la liste. J’avais en plus pensé à ne pas mettre de baskets et m’était munie de ma pièce d’identité en cas de « refoulage » intempestif à l’entrée. La physionomiste ne semblait pourtant pas désirer me recaler, la place était si vide que je compris qu’une âme en plus était la bienvenue. Je dois à présent attendre que l’on vienne me chercher  pour m’entrainer dans un premier bureau.

Premier entretien terminé ! Maintenant je me pose une question, est-ce ceci qui est censé mettre fin à cette ignoble crise du chômage ? Dois-je m’inquiéter que les proviseurs doivent bientôt recruter les contractuels tels que moi via pôle-emploi ? Toute assaillie de mes doutes et mes angoisses, entre deux bureaux je m’en vais vite téléphoner à Mélusine, entendre la douce voix de Dieu, dans les moments de doutes, et l’apaisement s’installe peu à peu (avec l’aide d’une petite dose de nicotine je l’avoue). Deuxième bureau, l’horreur orthographique s’ajoute à l’ennui de cet entretien utile pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire et qui doivent faire un bilan de leurs compétences (en grande frapadingue que je suis, je persiste et signe pour continuer ce métier de fada).

Sortie du deuxième entretien, je m’en vais (s’enfuir ça fait bien moins classe et avec des talons généralement ça fait cruche) et tout en laissant de côté mes doutes et mes peurs, je commence à réfléchir à ce que je vais bien pouvoir faire après mangé. Réviser ! Tout autre activé est proscrite c’est un fait, mais réviser quoi ?

J’aime apprendre et je considère que le Savoir s’accueille comme un amant. Il nous charme. Il nous fait rêver, nous embarque sur d’autres rives, vers d’autres cieux. On l’accueille à bras ouvert et l’on se laisse pénétrer par lui, parfois même on en redemande. Mais en visualisant le planning de révisions virtuel imprimé dans ma tête, je m’aperçois que cette semaine est dévolue aux révisions de MORPHOSYNTAXE. Le mot est lâché et vient s’exploser sur les parois de mon cerveau comme une tomate jeté sur un comédien médiocre. Quel mot ! Vomitif cérébral, il amène avec lui tout son lot de moments difficiles, le cours interminable sur le SUJET et la blonde qui n’a rien compris, les longues heures à plancher sur les exercices systématiques qui faisaient littéralement planer le chargé de TD passionné par cette matière. Pour le coup l’amant est peu charmant, et la matière prend des airs de Gollum que j’aimerais bien fuir. D'ailleurs, c’est bien ce que je fais en déversant mes âneries sur ce réseau social. Mais je suis courageuse et ouvre mes manuels et comme des grimoires pleins de termes abscons**** ils refusent de me parler, la magie n’opère pas. Vaillante je persiste, mais la « grammaire générative » vient m’achever d’un beau direct du droit en effaçant en mon âme tout désir de travailler en même temps qu’elle efface « toute conception taxinomique de la structure linguistique »*****

Deuxième fois de la journée que je fuis, mon esprit galopant se réfugie alors dans une étude de la "Critique littéraire", l’appétence du jour semble mieux s’accommoder de cette matière.

Première page de La critique littéraire  de Jérôme Roger, une citation de Georges Perros attire mon œil et mon intellect qui a recouvré instantanément son appétit ; « c’est le trajet écrivain-lecteur qu’on appelle littérature ». Vite, vite je me dirige vers evene.fr et découvre cet auteur, jusqu’alors méconnu de la pauvre et inculte Mélie. Première citation en vue sur le site fétiche ; « L’érotisme, c’est de donner au corps les prestiges de l’esprit. » « On ne peut pas se forcer à aimer, et c'est là précisément l'amour » me dit-il., je crois que je vais bien l’aimer cet auteur ! Que c’est beau, mais que dit-il sur la littérature, mine de rien il faut bien que je travaille un peu… «  L'homme, c'est le nom commode qu'on a donné, complet, fini, satisfaisant, à quelque chose qui ne l'est guère. On a fait l'opération contraire avec le mot Dieu. », chemin faisant je rencontre ceci « La poésie, c'est le temps durant lequel un homme oublie qu'il va mourir ». Ces mots raisonnent doucement avec ceux de Pascal sur l’ennui et déjà parti bien plus loin que ce que je ne le pensais, je décide de me replonger pour la énième fois dans ses Pensées. Pauvre malheureuse que je suis, séparée d’une partie de mon trésor******partiellement stocké chez ma Mère-Grand, je ne possède le-dit exemplaire sous ma main, je me retoune donc vers mon amie Gallica pour lui demander un exemplaire virtuel. Il est intéressant de voir comment une triste et pluvieuse journée, débutée dans l’ennui le plus morne, peut se clore sur les Pensées de Blaise Pascal,  ses fameuses théories sur l’ennui et le divertissement. Malgré le temps maussade et les pérégrinations de la journée, j’ai réussi à me divertir et oublier de me « frotouiller » ou toucher mon tatouage tout frais, car l’Artiste  m’a dit de ne pas toucher. De plus, je ne terminerai pas comme Langlois un bâton de dynamite dans la bouche*******, ni même avec un cigare******** d'ailleurs, mais avec une bonne cigarette et un bon thé.



Petites notes à l’attention des égarés de la blogosphère qui se sont emmerdés à lire ceci et aux allumés du bulbe qui ont du mal à comprendre les subtilités d’une langue qui a combat âprement les abréviations farfelues, illogiques et incohérente du langage sms...

·         *Dieu : Pas toi Mélu, mais l’Autre, celui qui en fout pas une… oh la méchante, elle blasphème en plus…)

·         ** Il en fout pas une, mais je suis sûre qu’il est de mèche avec Karma… et faudrait pas réveiller ce dernier… Il me laisse tranquille ces derniers temps…

·         ***Comme la pataphysique sauf que c’est une pute…

·         **** J’ai pas dit con… quoique…

·         ***** J’avoue qu’à ce moment précis de mon après-midi laborieusement studieuse, les théories de Chomsky ont littéralement liquéfié mon cerveau. Cela dit, le principe d’universalité et de diversité des langues prêché par le prophète de la linguistique relègue au placard le mythe de Babel et la beauté de l’idée qui donne à l’enfant une connaissance innée de la grammaire me fait doucement rêver. Ah ! (me dis-je) si mes élèves possédaient réellement cette connaissance innée, je ne serais pas obligée de me taper systématique les classes et les fonctions grammaticales…

·         ****** Mon trésor ce sont mes livres, mais grâce à la magie de la subjectivité on se rend vite compte que ce trésor qui est le mien est en fait le cauchemar de mon cher et tendre, le bien nommé Alex qui ne supporte pas de voir mes rêves de papier coloniser tous les recoins de notre humble demeure…

·         ******* Selon Giono son personnage « atteint enfin les dimensions de l’univers » en se faisant sauter la cervelle et ne suis pas très sûre finalement de vouloir atteindre « les dimensions de l’univers » si c’est la seule manière (le simple fait d’imaginer les heures de ménages qu’entrainerai cette activité hautement salissante qu’est se faire sauter la cervelle, me donne la nausée). Je suis par contre d’accord avec les derniers mots du roman…

·         ******** On remarquera que je n’ai fait aucun jeu de mot grivois avec le mot cigare… et pourtant, ça me démange… Tiens ! ça aussi je vais voir si je peux le frotouiller.




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