vendredi 14 février 2014

Introduire le code à l'école





En voilà une idée qu'elle est bonne, et elle va en séduire plus d'un... Enfin, quelques uns... Parce que la vérité, c'est que derrière cette lumineuse idée, c'est une avalanche de problèmes et de questions qui se pose.



La première, et c'est celle qu'il sera difficile de dépasser, c'est que c'est une idée qui touche l'éducation nationale. La critique est facile, je sais, mais il faut voir la réalité en face, s'ils nous collent cette réforme comme ils nous ont collé celle de 2008 sur l'histoire des arts, où on demandait à des non-spécialistes (ou pire, des gens qui se prenaient pour des spécialistes parce que pour eux l'histoire des arts n'est qu'une sous-branche de l'Histoire), sans les former sur les contenus ET les pratiques à adopter/adapter aux élèves, ça ne servira pas à grand chose. Cela va donc coûter de l'argent, beaucoup, mais aussi beaucoup beaucoup beaucoup d'énergie pour faire bouger leur derrière à certains.



On peut espérer compter sur les passionnés et amoureux de leurs métiers que l'éducation nationale compte heureusement dans ses rangs - on en entend pas trop parler de ceux-là, mais ils existent, ils n'ont juste pas le temps de râler car ils bossent. Mais cela ne suffira pas, intégrer une nouvelle pratique au collège et au lycée, ça va être un vrai casse-tête des programmes (pire que d'habitude plutôt). Les pauvres Loulous, ils ont déjà pas mal de choses à apprendre et arriver à leur faire retenir la règle de l'accord du participe passé employé avec l'auxiliaire être et avoir est déjà un labeur à pas piquer des vers. Donc, oui à leur apprendre un nouveau langage, mais seulement si cela ne se fait pas au détriment de l'apprentissage des fondements...



Il serait intéressant de voir quels langages - parce qu'on sent bien que dire "apprendre le code" est un peu vague dans la tête de notre président - on va enseigner et surtout de voir quels impacts cela aura sur ces langages. Car plus un langage est démocratisé, plus il est utilisé plus il a vocation à muter (j'avais d'ailleurs commis un billet sur la mutation de la langue si tu veux voir, cher lecteur, http://sages-delires.blogspot.fr/2012/06/la-langue-mutante-des-jeunes-est-elle.html ). Cela ouvre donc sûrement de belles perspectives et promets de sacrés innovations. Je suis peut-être trop optimiste, mais vous le savez, mon âme de prof en perdition reste celle d'un bisounours qui a vu la vierge et embrassé Bouddha, je préfère donc voir le verre à moitié plein, même si la bouteille est vide.
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