lundi 18 juin 2012

Variations étymologiques et pas éthyliques, je vous jure!

Comme toujours sur Google+, une discussion en amène une autre et les débats, toujours enrichissants, nous conduisent sur les chemins du partage des idées. Hier, en discutant avec un homme et une femme, très charmants, j’ai pu lire que le terme vicieux est moins négatif que le terme pervers. C’est une vision personnelle, et je voulais en profiter pour donner ma vision des choses et en même temps crier mon amour pour les mots et les lettres, ainsi que leur histoire et tous les savoirs que cela comporte, de près ou de loin. Bon, après j'ai un peu déraillé et ça s'est transformé en "folynirisme" comme à mon habitude...

Donc, êtes-vous vicieux ou êtes-vous pervers?

Personnellement, je préfère, quant à moi, le terme de pervers. Nous ressentons et vivons tous les mots de manière différente, et je conçois tout à fait que vous préfériez le mot vicieux à pervers, mais je tiens à vous faire part des quelques réflexions et quelques visions d’esprits que j’ai et qui, malgré mon jeune âge, ont pu se former chez moi il y a quelques temps déjà.

Etant bien jeune, au collège, j’ai eu un professeur de latin extraordinaire, elle s’appelait Mme Coq et enseignait dans mon collège. Après une première année laborieuse de latin, avec un professeur “à l’ancienne”, à n’aborder le latin que par les déclinaisons et les déclinaisons, la chance m’a faite “tomber” dans une classe qu’elle dirigeait d’une main de fer dans un gant de velour avec un esprit tout aussi passioné que passionnant. C’est dans sa classe que j’ai découvert l’étymologie et tout ce que cette science peut apporter au lecteur, que ce soit d’un strict point de vu sémantique ou que cela nous mène à une réflexion plus métaphysique. Quelle révélation ce fut pour moi que d’apprendre la nature rationnelle de l’espèce humaine lorsque nous avons travaillé pour la première fois cette matière; l’homme vient “d’humus”, l’humain est tellurique, il est né et redevient après sa mort de l’humus, il fait parti du cycle de la vie, de l’écosystème et malgré la magnificience, l’extraordinaire de l’esprit humain, chercher la racine de ce mot le conduit humblement à détacher quelques secondes son regard des nués et des étoiles, qu’il désire, dont il regrette l’absence, pour se rappeler sa modeste origine biologique.

L’étymologie est un puissant outil dont j’use et abuse et j’aime disséquer ces mots que j’utilise pour piocher parmi eux celui qui traduira au mieux mes propos, celui qui sera le plus en adéquation avec les idées qui composent ma caboche pour décomposent les idées reçues que je traque et combat. L’histoire de la langue de la langue et multiple, plurielle; soumise à l’Histoire, l’histoire culturelle, sociale, l’histoire de ceux qui l’ont utilisée, défendue et illustrée. Parmi les variations les plus notables, celle que la morale chrétienne à pu appliquer à certains mots est la plus austère et la moins colorée, et, bien que je sois chrétienne et croyante, l’exégèse rigide de certains cul serrés patentés me font m’éloigner de certaines conceptions morales. Je suis une enfant de la Bible, bien plus proche du Cantique des cantiques que de la froideur de Saint Paul car, comme l’a écrit Michel Onfray, “le saint sans sexe trouve le sexe malsain” (je suis fan de cette formule) et j’ai eu la chance qu’on m’apprenne à ne pas observer le corps comme une chose malsaine.

Pourquoi je préfère le terme pervers à vicieux? C’est simple, je préfère mettre en avant le carnavalesque de Monsieur Etoile à un défaut physique que je suis dans l’incapacité de connaître, voir, observer et que je me refuserais quoi qu’il advienne de juger.

Vertere veut dire tourner en latin et le préfixe -per qui donna pervertire offre une image carnavalesque du terme. En effet, ce deuxième verbe veut dire “mettre sans dessus dessous”. Cela me fait penser au carnaval, un âne à la place du prêtre qui fait messe et buvons plutôt que de prier... Au XVIIIè siècle, on a pu voir le sens de “chose qui dérange”, qui altère un fonctionnement, et si l’on oublie momentanément le sens de corrompre un esprit dans le latin chrétien, repris ensuite dans le sens moral de convertir au vice, je préfère le sens de pervers. Cet adejctif, qui veut dire, si on évacue là encore le sens religieux de “portée à faire le mal”, a gardé cette idée de sens dessus-dessous et a même été à un moment donné synonyme de dur, cruel, furieux...

Effectivement, au début du XXème siècle, tonton Freud est arrivé et on entend souvent ce mot comme désignant une personne qui aurait une tendance pathologique à accomplir des actes immoraux. Mais j’aime beaucoup l’idée d’imprévisible que l’on retrouve dans l’expression “un effet pervers” en dehors de toute considération morale.

Le synonyme de pervers est “vicieux”, mais je me demande encore et toujours si le principe de synonymie n’est pas en soi un principe réducteur pour la langue française... Encore un prof de légende que j’ai eu au collège m’avait répondu lorsque, très naïvement*, je demandais pourquoi utiliser tel mot complexe lorsqu’un autre plus simple existait : parce que la langue française est subtile et que chacun use des nuances à sa convenance. Parce que je n’aime pas le principe un peu réducteur de la synonymie, je cherche toujours l’origine des mots pour essayer d’en capter la nuance et entre pervers et vicieux, elle est de taille. En plus d’être un terme composé (et ce sont ceux que je préfère, ils sont plus marrant à dé-composer),vice (vitium)’est un mot qui veut dire à l’origine en latin, “défaut physique” et qui s’est généralisé en défaut tout court. D’ailleurs, dans les augures (madame Irma des anciens version 30 Million d’Amis), c’était un signe défavorable qu’on voyait dans un animal présentant un défaut physique**. Viticius n’est pas mieux, cela voulait dire gâté***, chose défectueuse. Cela me semble être tout de même plus injurieux....

Pour ma part, je préfère dire que je suis perverse, j’ai l’esprit mal tourné et quand je lit le mot du jour de Maître Djinnzz sur Etale Ta culture, je suis obligée d’y aller de mon petit comm’ à 3 Francs 6 sous (si c’est pas de la vieille expression ça les enfants!) et j’assume ma disposition d’esprit. Je ne dis pas que question physique il n’y aucune malfaçon (petite, des lunettes, les genoux et les dents de travers, coincé dans le corps [et la tête] d’une ado, le portrait n’est pas très “sex’) mais mon tatoueur préféré travaille dur pour fair de moi une oeuvre d’art qui eclipsent peu à peu les défauts de fabrication.

D’ailleurs en parlant de mon tatoueur, petite digression [une de plus ou de moins... on n’est plus à ça près....] Un des trois Loulous de chez All in Tattoo à St Gely va nous faire une petite prestation à Grabels (34) pour la fête de la musique. Il délaissera ses crayons, ses pinceaux et son dermo pour s’exhiber avec les Lost fish mémories à 20h30, donc soyez nombreux, allez l’aclamer et faites de lui une Rock-star, il m’a promis que je pourrais venir faire la belle dans les backstages quand il sera riche et célèbre****!

Bref, bref, bref les amis... (et autres qui le sont pas, ne veulent pas le devenir ou qui ne savent pas encore qu’ils le sont déjà, toujours un peu en mode bisounours, tout le monde est mon ami). Tout ça pour vous dire que l’étymologie c’est bien (un slogan digne des publicistes chargés des campagnes electorales, je vous le concède)!

Cette science, cette étude,discours (logos) sur le vrai (etumon), cette discipline qui nous conduit vers la vraie racine, la vraie valeur des mots, n’est pas que l’outil des linguistes. Elle est un merveilleux tremplin vers des considérations philosophiques, sociales, historiques (quand même c’est une étude diachronique, qui se fait à travers le temps) et comme j’invite toujours mes élèves à observer la véritable valeur des mots que l’on utilise, je continuerais à en user pour mes propres blabla sans intérêts et mes reflexions personnelles... Libre à vous de vous y adonner ou pas, mais n’oubliez pas que vos mots ne sont pas anodins et qu’il faut en user avec tact.

L’origine qui me fait rire:
Quand on traite un mec de connard, en fait on ne lui dit pas que c’est un con... Le con, c’est le sexe de la femme (Dans le Chevalier qui faisait parler les cons*****, il n’est pas question de faire parler des personnes bêtes, ces dernières parlent avec une facilité déconcertante, en gros un con, c’est un peu l’équivalent féminin de “Tête de Bite”...)
Tout le monde connait mon goût peu prononcé pour wikipédia, et ceux qui sont aller chercher la définitions de con sur ce site collaboratif y auront lu que le mot à donné connard, mais il n’en est rien, le doublement de la consonne “n” l’atteste. Connard vient de cornard... celui qui a des cornes, vous voulez un dessin? C’est un homme dont la femme le prend pour un con en laissant d’autres hommes que son mari user de son con, vous me suivez toujours?
Le “r” c’est affaibli, on ne l’a plus entendu, mais on a gardé une trace de l’ancienne graphie en doublant la consonne.

Petite mise en situation :
-”Tu la bouges ta caisse CONNASSE
La jeune damoiselle met ses warning et s’arrête au milieu de la chaussée, sort son téléphone.
- Allô Chéri d’Amour? Tu fais quoi? … Humm, tu dis que tu es chez une très charmante cliente, jeune étudiante délurée qui a des problèmes de tuyauterie … Non non, pas de problèmes... Quand tu arriveras à la maison tu penseras à vérifier le tableau et les plombs? Je suis en train de les péter... Comment ça? Notre tableau est aux normes y’a plus de plombs? Pffff... Allez bisous-bisous, rentre pas trop tard...
Un peu enervée, la jeune fille raccroche, fait un doigt d’honner au conducteur impatient qu’elle bloque depuis une plombe, c’est pas la journée de la courtoisie, elle peut. En se disant qu’elle espére que ce C.. Chéri d’Amour n’est pas dans un con, elle redémarre et vous dit bye-bye et @+++


Nota bene (à ordure?)

* On ne se moque pas, j’étais pitchòta, j’étais en 6ème, j’étais encore persuadée que je suivrais les plans parentaux et que j’irais en scientifique pour devenir une grande experte comptable de Mme Bettenshort...

**Chez les chrétiens aussi on avait ce principe, les erreurs de la nature font mauvais genre et une personne malformée ou un animal

*** Gâté et pas gateux... pardonnez-moi mon cher Henri, je me doute que même si vous avez l’âge de feu mon Papa adoré vous n’êtes pas un vieillard encore [père-]vert “violet ou orangé ou rose” comme dirait Desnos, mais mon syndrôme de Peter Pan me conduit à considérer toute personne de plus de 30 ans comme des ancêtres [Arf, dans presque 4 ans ce sera mon tour, faut que je dise à François de faire passer la retraite à 30 ans... surtout quand je pense que le 25 je n’aurais plus 25 ans... aïe aïe aïe!]

**** Ce matin je me suis réveillée avec la ferme intention de faire de cette journée une journée de Pure Positive, genre Carrouf’ c’est du pipi de chat, pour oublier les tripes gordiennes que les oraux s’ingénient me donner en ce moment (si y’en a un qui se propose de venir trancher le tout pour dénouer le noeud, il a intérêt à prévoir de quoi nettoyer, Chéri d’Amour n’aime pas quand la maison est dégueulasse...)

***** Fabliaux de Garin in, Les Fabliaux érotiques, “Lettres Gothiques” chez Livre de Poche.
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